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Je suis un inconditionnel des guitares espagnoles !
La preuve, depuis le début des années 60 je n'ai joué, soit en concert, en concerto, ou bien en enregistrement que des guitares d'un fabricant rendu célèbre par Maître Segovia.
Mais voilà que, par pur hasard, je suis entré dans un atelier niché dans les petites rues du viel Aix où les guitares étaient à l'affiche. C'était pour voir. Peut-être y aurait-il des cordes...
J'étais reçu par un homme courtois, un peu méfiant, mais aussi, cela se laissait voir par son entrée dans le vif du sujet, passionné de son travail. Pas de ronds de jambes.
Quelques mois après c'était chose faite. Je passais voir ses guitares, j'essayais les unes et les autres. Je sortais de l'expérience toujours un peu étonné. La justesse, la clarté, l'équilibre entre basses et aigus, du volume et une grande facilité de toucher, tout semblait s'y trouver dans les guitares de cet homme. Sa sobriété, sa maîtrise du bois, enfin de la lutherie, tout cela fut évident dès le départ. C'était à retenir.
Puis un jour, excédé par quelques traits rapides qui refusaient de sortir de ma guitare chérie (l'espagnole), je lui ai rendu visite encore une fois. J'ai pris sa toute nouvelle guitare épicéa sur les genoux et commencais à jouer. Tout coulait sous les doigts. Des sons délicats et purs mais aussi soutenus et brillants sortaient de cette guitare, disons vierge, et remplissaient son atelier. Cest traits irritants qui m'avaient causé tant de mal, sonnaient pour la première fois comme je le souhaitais si ardemment. Après les choses se sont passées très vite. La conversion s'est faite dans un éclair.
Il y a deux ans de cela. Aujourd'hui je joue une Mercier, tous les jours. Elle ne semble pas arrêter de s'améliorer. En concert, seul ou avec d'autres, elle ne faillit jamais. Une collègue, qui avait attendu une vingtaine d'années pour son espagnole était vexée de la comparaison. C'est une guitare faite par un vrai luthier qui a suivi école, qui a choisi très tôt sa vocation. Mercier n'est pas un homme tombé dans la lutherie par dépit en cherchant une porte de sortie. Mercier connait les traditions de la lutherie, il sait où il va. J'y vais avec lui, pour l'aventure et le plaisir, celui de le voir réussir, et celui de jouer ses instruments hors pair. Pas de regret: je suis un inconditionnel des Mercier!
Dana Chivers, Guitariste.
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